Pour raconter cette journée, il me faudrait presque une machine à remonter le temps. Comme les sciences n’en sont pas encore à ce point, il a fallut trouver autre chose. Je vous encourage à noter la superbe acrobatie temporelle et littéraire que je suis en train de faire, je profite du fait que très peu (aucun je l’avoue) compte-rendu n’est été publié depuis de longs mois, pour faire un rapprochement avec une solution logique au problème précédent : la difficulté de se rappeler d’un lointain évènement. Je ne vous fait plus saliver et vous livre en un mot cette suggestion ordonnée par notre lieutenant : carnet (et bic, mais si je le mettais hors des parenthèses cela ferait deux mots et une publicité non autorisée).
Petite explication au mot « carnet » qui, sorti de tout contexte, ne veut rien dire. Il ne faut y voir ni preuve de ma folie –en faut-il encore ?- ni tentative désespérée de meubler le message, non, mesdames et messieurs, l’atout majeur du candidat officier, de l’officier même, du sous-officier et pourquoi pas du volontaire, son arme fatale contre le temps et ses affres, j’annonce : le carnet, le bloc notes. En l’occurrence il prend une double dose d’importance à mes yeux.
D’abord parce qu’il est un aide-mémoire, un fabuleux petit espace de secours où mettre les neurones usagés sous forme de lettres hâtivement griffonnées lors de briefings ou de communications par les chefs de peloton. On peut –on doit !- y noter toute information quelque peu vitale (horaire, lieu de rendez-vous, activité, tenue pour l’activité, …). C’est pour cela que l’emport d’un petit carnet de poche et d’un crayon gras (pour écrire même si il pleut) et/ou d’un bic est vivement conseillé, cela vite les oublis catastrophiques.
Ensuite parce que, malgré toute ma bonne volonté et celle de quelques camarades, je ne peux pas me remémorer tous les évènements importants avec précision et surtout la date à laquelle ils ont eu lieu. J’ai donc en permanence sur moi un petit carnet (en piètre état à présent, il n’en n’est que plus typique) que je sors dés que quelque chose d’original se passe, si possible je prend quelques photos ou une vidéo. Tout un programme !
Tout cela pour en arriver aux faits notables du 18 septembre 2006. En fait de faits, il n’y eut qu’un fait digne d’intérêt général : le début des mutations entre classes. En effet, délaissant notre compagnie si amicale, le soldat Deblaton choisit de rejoindre la classe Pol pour y entretenir ses connaissances et son sens des mathématiques, mais rien n’était fait puisque de SSM à Pol, il y a un gouffre que l’on appelle Major. Aura-t-il l’autorisation ? Ce petit intermède de suspens n’en n’est pas vraiment un, si vous voulez connaître la réponse avant que je ne la publie, demandez lui ici même. A l’inverse le soldat Pieltain et le lieutenant D. vinrent combler le vide laissé par le soldat Raone (premier à quitter la DPERM, volontairement) en SSM1.
Cela amène un autre sujet d’ordre utile quant à la découverte de la DPERM. Cette glorieuse unité, jusqu’il y a peu bataillon de l’ERM, est constituée de deux régimes linguistiques (français et néerlandais) subdivisés en plusieurs classes. Pour les francophones, cette promotion 2006-2007, il s’agit de deux classes Sciences Sociales et Militaires (SSM1 et SSM2) et d’une classe Polytechnique, l’une et l’autre des facultés étant préparée dans les classes respectivement citées.
Pour information l’ERM compte deux facultés majeures, qu’elle abrite en son sein et qui constituent sa renommée : la faculté Polytechnique, qui forme des officiers à l’instar des ingénieurs civils, dans le civil, et la faculté Sciences Sociales et Militaires, ex-Toutes Armes et cadette de la précédente dans l’histoire de l’ERM, qui forme des officiers dans différentes optiques ; en effet, il n’existe pas à l’heure actuelle, dans le civil, de diplôme semblable à celui délivré par cette faculté.
Cette petite introduction facilitera la poursuite de votre lecture, si du moins, je l’espère, vous la poursuivez. Mais des compléments d’informations concernant ces facultés sont disponibles sur le site de
l’ERM, où sur ce forum.
"Un matin je me suis réveillé et j'ai eu envie de me rendormir, ce que j'ai fait aisément. Un soir je me suis endormi et j'ai eu envie de me réveiller, c'était trop tard, je sombrais déjà dans le chaos des rêves déchus."